📋 Points clés à retenir
- 1Maîtrise de la double comptabilité séparant l'office et les fonds clients.
- 2Sécurisation de la conformité réglementaire face aux inspections annuelles.
- 3Accompagnement dans le choix de la structure d'exercice et de la fiscalité.
- 4Gestion rigoureuse des flux financiers avec la Caisse des Dépôts.
Les obligations comptables et fiscales spécifiques des offices notariaux
La comptabilité d'un notaire est l'une des plus complexes parmi les professions libérales réglementées. Elle se caractérise par des obligations strictes qui visent à garantir la protection des fonds des clients et la transparence de la gestion de l'office. L'essence de votre profession repose sur la confiance et l'authenticité, des valeurs qui doivent se refléter de manière irréprochable dans vos états financiers.
La dualité fondamentale de la comptabilité notariale
La spécificité majeure de l'exercice notarial réside dans l'obligation légale de tenir deux comptabilités parallèles, parfaitement étanches et rigoureusement exactes. D'une part, la comptabilité de l'office retrace l'activité économique de l'étude. Elle enregistre les produits, constitués principalement des émoluments tarifés et des honoraires libres, ainsi que les charges d'exploitation telles que les loyers, les salaires des clercs, les frais de documentation juridique et les amortissements du matériel. Cette comptabilité sert de base au calcul du résultat fiscal et des prélèvements sociaux du notaire. Le plan comptable général s'applique, mais avec des adaptations propres à la profession, notamment pour le traitement des actes en cours et des débours.
D'autre part, la comptabilité des clients, souvent appelée comptabilité-tiers, suit les mouvements de fonds qui transitent par l'étude pour le compte des clients dans le cadre des actes authentiques. Qu'il s'agisse de ventes immobilières, de règlements de successions, de donations ou de constitutions de sociétés, chaque client dispose d'un sous-compte individuel. Cette comptabilité doit être équilibrée à tout instant : la somme des soldes des comptes clients doit correspondre exactement au solde du compte bancaire unique ouvert à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). La moindre anomalie dans ce rapprochement peut déclencher une alerte lors des inspections annuelles.
Le cadre réglementaire et les inspections professionnelles
Le statut d'officier public impose un formalisme comptable défini par le Règlement national du notariat. Les instances professionnelles, par l'intermédiaire des Chambres départementales ou interdépartementales, exercent un contrôle strict sur la tenue des comptes. Les inspections annuelles vérifient non seulement la régularité des écritures, mais aussi le respect des délais de reversement des fonds et la correcte facturation des actes. Une comptabilité mal tenue expose le notaire à des sanctions disciplinaires allant du simple rappel à l'ordre jusqu'à la destitution, sans oublier les conséquences financières en cas de redressement fiscal ou social.
« La rigueur imposée par la comptabilité-tiers ne laisse aucune place à l'improvisation. Une erreur de lettrage ou un retard dans le rapprochement bancaire peut rapidement prendre des proportions alarmantes lors d'une inspection », souligne Hélène Marchand, experte-comptable spécialisée dans l'accompagnement des professions juridiques. Cette exigence de précision nécessite la mise en place de procédures de contrôle interne robustes au sein de l'étude, impliquant souvent la désignation d'un comptable taxateur expérimenté.
Les enjeux de la facturation et de la taxe sur la valeur ajoutée
La facturation des actes notariés obéit à des règles tarifaires complexes, mêlant émoluments proportionnels, émoluments fixes et honoraires libres. La distinction entre ces différentes catégories de revenus est cruciale pour la correcte application de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). En principe, les prestations des notaires sont soumises à la TVA au taux normal de 20 %. Cependant, certaines opérations spécifiques, comme les débours (sommes avancées par le notaire au nom et pour le compte du client), échappent à cette taxe. La gestion de la TVA nécessite donc une analyse fine de chaque dossier pour éviter les risques de redressement en cas de contrôle de l'administration fiscale.
De plus, le notaire agit souvent en tant que collecteur d'impôts pour le compte de l'État, notamment en matière de droits d'enregistrement, de taxe de publicité foncière et d'impôt sur les plus-values immobilières. Bien que ces sommes ne constituent pas un revenu pour l'étude, leur transit par la comptabilité-tiers exige un suivi rigoureux et des reversements dans des délais stricts. Le non-respect de ces échéances entraîne l'application de pénalités de retard qui peuvent peser lourdement sur la trésorerie de l'office.
L'importance d'un système d'information performant
Face à la multiplication des obligations déclaratives et à la complexité croissante de la réglementation, l'utilisation d'un logiciel de comptabilité notariale performant est devenue indispensable. Ces outils informatiques spécialisés permettent d'automatiser une grande partie des tâches de saisie, de faciliter les rapprochements bancaires avec la CDC et de générer les états financiers requis par les instances professionnelles. Toutefois, l'outil informatique ne remplace pas l'expertise humaine. L'intervention d'un expert-comptable maîtrisant les spécificités du notariat reste essentielle pour paramétrer le logiciel, valider les écritures complexes et interpréter les données financières dans une optique d'optimisation fiscale et stratégique.
La gestion des fonds clients et le rôle central de la Caisse des Dépôts
La gestion des fonds de tiers constitue la responsabilité la plus lourde et la plus sensible du notaire. La loi impose que tous les fonds reçus des clients, à l'exception de ceux destinés au paiement immédiat des frais d'acte, soient déposés sans délai sur un compte de dépôt obligatoire ouvert à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ce mécanisme institutionnel vise à sanctuariser les avoirs des clients, à garantir leur représentation à tout moment et à les protéger de tout risque lié à la gestion financière de l'office notarial.
Le fonctionnement du compte unique à la Caisse des Dépôts
Le compte ouvert à la CDC est unique pour l'ensemble des clients de l'étude. Il fonctionne comme un compte de centralisation des flux financiers liés aux actes authentiques. Lorsqu'un acquéreur verse le prix de vente d'un bien immobilier, les fonds transitent par ce compte avant d'être reversés au vendeur, déduction faite des éventuelles créances hypothécaires et des frais d'acte. La comptabilité-tiers tenue par l'étude doit permettre de ventiler à tout moment le solde global du compte CDC entre les différents clients. Cette ventilation s'effectue par le biais de sous-comptes individuels, dont la somme algébrique doit correspondre au centime près au relevé fourni par la Caisse des Dépôts.
Le rapprochement entre la comptabilité interne de l'étude et les relevés de la CDC est une opération critique qui doit être effectuée de manière très régulière, idéalement quotidiennement pour les études gérant un volume important de transactions. Le moindre écart, qu'il provienne d'une erreur de saisie, d'un rejet de virement ou d'un décalage de valeur, doit être identifié, analysé et justifié sans délai. Les instances d'inspection accordent une attention toute particulière à la qualité et à la fréquence de ces rapprochements, considérés comme le baromètre de la fiabilité comptable de l'office.
Les règles de consignation et de transfert des fonds
La réglementation notariale impose des règles strictes concernant la durée de conservation des fonds sur le compte de dépôt obligatoire. En principe, les fonds doivent être reversés à leurs bénéficiaires légitimes dès que les conditions juridiques de l'acte sont remplies. Toutefois, dans certaines situations complexes, comme les successions litigieuses ou les ventes soumises à des conditions suspensives de longue durée, les fonds peuvent être conservés pendant une période prolongée. Dans ce cas, le notaire a l'obligation de transférer ces sommes sur des comptes de consignation spécifiques, générateurs d'intérêts au profit des clients.
La gestion de ces comptes de consignation nécessite un suivi rigoureux pour s'assurer que les intérêts sont correctement calculés, capitalisés et reversés aux ayants droit. De plus, la loi Eckert sur les comptes bancaires inactifs et les contrats d'assurance vie en déshérence impose aux notaires des obligations de recherche et d'information concernant les sommes conservées depuis de nombreuses années sans mouvement. Le non-respect de ces obligations peut entraîner le transfert d'office des fonds à la Caisse des Dépôts, voire à l'État à l'issue d'un délai de prescription trentenaire.
La prévention des risques de blanchiment de capitaux
En tant que professionnels assujettis à la réglementation sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), les notaires jouent un rôle de premier plan dans la détection des opérations financières suspectes. La gestion des fonds clients les place en première ligne pour identifier les montages juridiques opaques, les flux financiers atypiques ou les transactions impliquant des personnes politiquement exposées. Le notaire doit mettre en place des procédures de vigilance adaptées au niveau de risque de chaque dossier, allant de la simple vérification d'identité à l'analyse approfondie de l'origine des fonds.
En cas de soupçon, le notaire a l'obligation de procéder à une déclaration auprès de la cellule de renseignement financier Tracfin. Cette obligation déclarative, qui déroge au secret professionnel, doit être exercée avec discernement et rigueur. L'expert-comptable peut accompagner l'étude dans la mise en place de ces procédures de contrôle interne, en s'assurant que les flux financiers enregistrés dans la comptabilité-tiers sont cohérents avec les informations recueillies dans le cadre de la vigilance LCB-FT.
L'impact de la digitalisation sur la gestion des flux financiers
La profession notariale a connu une profonde transformation numérique au cours de la dernière décennie, avec la généralisation de l'acte authentique sur support électronique (AAe) et la dématérialisation des échanges avec les administrations (Télé@ctes). Cette digitalisation s'étend également à la gestion des flux financiers, avec le développement des virements instantanés et des plateformes d'échange sécurisées avec la Caisse des Dépôts. Ces innovations technologiques permettent de fluidifier les transactions, de réduire les délais d'encaissement et de sécuriser les transferts de fonds.
Cependant, la digitalisation introduit de nouveaux risques, notamment en matière de cybersécurité et de fraude aux faux ordres de virement (FOVI). Les études notariales, qui manipulent quotidiennement des sommes considérables, sont des cibles privilégiées pour les cybercriminels. La sécurisation des systèmes d'information, la sensibilisation des collaborateurs aux techniques d'ingénierie sociale et la mise en place de procédures de double validation pour les virements sortants sont des mesures de protection indispensables. L'expert-comptable, en tant que conseil de confiance, peut auditer les processus financiers de l'étude et recommander des solutions pour renforcer la sécurité des transactions.
Sources
Découvrez comment notre accompagnement sur mesure transforme la gestion quotidienne de votre étude notariale, en alliant sécurité réglementaire et optimisation financière.
Les avantages d'un expert-comptable spécialiste du notariat
Sécurité et conformité absolue
Nous assurons la tenue irréprochable de votre double comptabilité et la conformité avec les règles du CSN et de la CDC, vous protégeant lors des inspections.
Optimisation fiscale de l'étude
Analyse de votre structure (individuel, SCP, SEL), arbitrage rémunération/dividendes, et gestion des charges déductibles pour alléger votre pression fiscale.
Pilotage financier de l'office
Mise en place de tableaux de bord pour suivre votre rentabilité, votre trésorerie et vos indicateurs clés de performance (coût par acte, marge, etc.).
Gestion sociale simplifiée
Prise en charge des bulletins de paie de vos clercs et formalistes, et gestion de vos cotisations sociales personnelles (CRPCEN).
Gain de temps administratif
Déléguez les tâches comptables, fiscales et sociales chronophages pour vous recentrer sur le conseil à vos clients et le développement de votre étude.
Conseil en gestion de patrimoine
Accompagnement sur vos projets personnels : investissements immobiliers, préparation de la retraite, optimisation de la transmission de l'étude.
Régime fiscal : BNC ou Impôt sur les Sociétés pour votre étude ?
Le choix du régime fiscal et de la structure d'exercice est une décision stratégique fondamentale pour tout notaire. Il détermine non seulement le niveau d'imposition des revenus professionnels, mais aussi les modalités de constitution du patrimoine, les conditions de transmission de l'office et le statut social du dirigeant. Historiquement attachée à l'exercice individuel ou en Société Civile Professionnelle (SCP), la profession notariale s'est largement ouverte aux Sociétés d'Exercice Libéral (SEL), offrant de nouvelles perspectives d'optimisation fiscale et patrimoniale.
Le régime des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) : la transparence fiscale
Le régime des BNC est le régime de droit commun pour les notaires exerçant en nom propre ou au sein d'une SCP n'ayant pas opté pour l'Impôt sur les Sociétés (IS). Dans ce cadre, le bénéfice imposable de l'étude est déterminé selon les règles de la comptabilité de caisse, c'est-à-dire en faisant la différence entre les recettes effectivement encaissées et les dépenses professionnellement nécessitées et décaissées au cours de l'année civile. Ce bénéfice est ensuite directement appréhendé par le notaire (ou réparti entre les associés de la SCP) et soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des BNC.
Ce régime de transparence fiscale présente l'avantage de la simplicité, mais il peut s'avérer pénalisant lorsque l'étude génère des bénéfices importants. En effet, l'intégralité du résultat est soumise à l'impôt sur le revenu, y compris la part des bénéfices qui est réinvestie dans l'outil de travail (remboursement d'emprunts, acquisition de matériel, constitution de réserves). De plus, l'assiette de calcul des cotisations sociales personnelles (CRPCEN, URSSAF) est constituée par ce même bénéfice, ce qui entraîne une pression sociale et fiscale globale souvent supérieure à 50 % dans les tranches marginales d'imposition les plus élevées.
L'option pour l'Impôt sur les Sociétés (IS) via la SEL : la maîtrise de la rémunération
La création d'une Société d'Exercice Libéral (SELARL, SELAS, SELCA) permet au notaire d'opter pour l'Impôt sur les Sociétés. Cette option marque une rupture fondamentale avec le régime des BNC, en introduisant une opacité fiscale entre la structure d'exercice et le patrimoine personnel du praticien. Le bénéfice de la SEL est déterminé selon les règles de la comptabilité d'engagement (créances acquises et dettes certaines) et soumis à l'IS au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis au taux normal de 25 % au-delà.
Dans ce schéma, le notaire n'est plus imposé sur le bénéfice global de l'étude, mais uniquement sur les sommes qu'il décide de s'allouer sous forme de rémunération de gérance ou de dividendes. La rémunération est déductible du résultat de la SEL et soumise à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires (ou article 62 du CGI). Les dividendes, quant à eux, sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % (ou sur option au barème progressif). Cette dissociation permet au notaire de piloter finement sa pression fiscale personnelle en ajustant sa rémunération à ses besoins réels, tout en capitalisant les bénéfices non distribués au sein de la société à un coût fiscal maîtrisé (25 %).
Les enjeux sociaux de la transformation en SEL
Le passage en SEL a également des répercussions majeures sur le statut social du notaire. Dans une SELARL, le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS) et cotise à la CRPCEN sur la base de sa rémunération de gérance, ainsi que sur la fraction des dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé. Cette règle vise à limiter les abus liés à la distribution de dividendes faiblement taxés socialement.
En revanche, dans une SELAS, le président et les directeurs généraux relèvent du régime des assimilés salariés. Ils cotisent au régime général de la Sécurité sociale (avec des spécificités liées à la CRPCEN) sur la base de leur rémunération, ce qui leur confère une meilleure protection sociale, notamment en matière de retraite et de prévoyance, mais au prix de cotisations sociales nettement plus élevées. Les dividendes versés aux dirigeants de SELAS échappent en principe aux cotisations sociales, ce qui offre des opportunités d'optimisation, sous réserve de respecter les règles de l'abus de droit social.
La constitution de holdings de rachat (SPFPL)
Pour aller plus loin dans l'optimisation patrimoniale, les notaires peuvent constituer des Sociétés de Participations Financières de Professions Libérales (SPFPL). Ces structures holdings ont pour objet exclusif la détention de parts ou d'actions de SEL. Le schéma classique consiste pour le notaire à apporter ou à céder les titres de sa SEL à une SPFPL qu'il contrôle. Si la cession est financée par un emprunt bancaire souscrit par la holding, le remboursement de la debt est assuré par les dividendes versés par la SEL à la SPFPL.
Grâce au régime fiscal des sociétés mères et filiales, ces dividendes remontent vers la holding en quasi-franchise d'impôt (seule une quote-part de frais et charges de 5 % est réintégrée au résultat imposable de la SPFPL). Ce mécanisme, connu sous le nom de Leverage Buy-Out (LBO) libéral, permet de financer l'acquisition d'un office ou le rachat des parts d'un associé sortant avec des flux financiers bruts d'impôt sur le revenu, ce qui accélère considérablement le désendettement. La SPFPL constitue également un outil redoutable pour préparer la transmission de l'étude à de jeunes confrères, en dissociant la détention du capital de l'exercice effectif de la profession.
La gestion sociale et la paie au sein d'un office notarial
La gestion des ressources humaines et l'administration du personnel constituent un défi majeur pour les notaires, qui emploient en moyenne une dizaine de collaborateurs par étude. La convention collective nationale du notariat, les spécificités du régime de la CRPCEN et les évolutions constantes du droit du travail exigent une expertise pointue pour garantir la conformité des pratiques sociales et optimiser la politique de rémunération. L'expert-comptable joue un rôle déterminant dans la sécurisation de ce volet essentiel à la bonne marche de l'office.
Les spécificités de la convention collective du notariat
La relation de travail au sein d'une étude notariale est régie par une convention collective nationale particulièrement détaillée. Elle définit une classification des emplois complexe, allant de l'employé de bureau au notaire salarié, en passant par les clercs, les formalistes et les comptables taxateurs. Chaque niveau de qualification correspond à un coefficient hiérarchique qui détermine le salaire minimum conventionnel. L'application rigoureuse de cette grille de classification est indispensable pour éviter les litiges prud'homaux et les redressements de l'URSSAF.
La convention collective prévoit également des dispositions spécifiques concernant le temps de travail, les congés payés, les primes d'ancienneté et le treizième mois. Par exemple, la gestion des heures supplémentaires dans les études notariales, souvent soumises à des pics d'activité liés aux échéances de signature, nécessite un suivi précis et formalisé. La mise en place d'accords d'aménagement du temps de travail, tels que le forfait jours pour les cadres autonomes (notaires salariés, clercs principaux), peut offrir une plus grande flexibilité, mais requiert un formalisme juridique rigoureux que l'expert-comptable peut sécuriser.
Le régime spécial de la CRPCEN
L'une des particularités les plus marquantes de la profession notariale réside dans l'affiliation obligatoire de l'ensemble du personnel, y compris les notaires eux-mêmes, à la Caisse de Retraite et de Prévoyance des Clercs et Employés de Notaires (CRPCEN). Ce régime spécial de sécurité sociale gère à la fois l'assurance maladie, les accidents du travail, la retraite de base et la retraite complémentaire. Les taux de cotisations, les assiettes de calcul et les modalités de déclaration diffèrent sensiblement de ceux du régime général.
La production des bulletins de paie dans un environnement CRPCEN nécessite l'utilisation de logiciels de paie paramétrés spécifiquement pour la profession. Les erreurs de calcul des cotisations peuvent avoir des conséquences financières lourdes pour l'étude, tant en cas de redressement par les inspecteurs de la CRPCEN qu'en cas de contentieux avec les salariés. L'externalisation de la paie auprès d'un cabinet d'expertise comptable spécialisé garantit la fiabilité des bulletins de salaire, le respect des échéances déclaratives (DSN) et la prise en compte immédiate des évolutions réglementaires propres au régime spécial.
L'optimisation de la politique de rémunération
Au-delà de la stricte conformité légale, l'expert-comptable accompagne le notaire dans la définition d'une politique de rémunération attractive et fiscalement optimisée. Dans un contexte de pénurie de talents, notamment pour les profils de clercs rédacteurs expérimentés et de comptables taxateurs, la capacité à fidéliser les collaborateurs est un enjeu stratégique. L'augmentation du salaire de base n'est pas toujours la solution la plus efficiente, compte tenu du poids des charges sociales.
Des dispositifs alternatifs peuvent être mis en place pour améliorer le pouvoir d'achat des salariés tout en maîtrisant le coût global pour l'étude. L'épargne salariale, à travers l'intéressement, la participation ou les plans d'épargne d'entreprise (PEE, PERCO), offre des avantages fiscaux et sociaux significatifs. De même, l'attribution de titres-restaurant, le financement de chèques-vacances ou la mise en place d'une mutuelle d'entreprise performante constituent des leviers de motivation efficaces. L'expert-comptable réalise des simulations chiffrées pour évaluer l'impact de ces différents dispositifs et aide le notaire à faire les choix les plus pertinents en fonction de la situation financière de l'office.
La gestion des départs et des ruptures de contrat
La fin de la relation de travail, qu'elle résulte d'une démission, d'un licenciement ou d'une rupture conventionnelle, est une période de vulnérabilité juridique pour l'employeur. Le calcul des indemnités de rupture, la rédaction des documents de fin de contrat (certificat de travail, reçu pour solde de tout compte, attestation France Travail) et la gestion des préavis exigent une grande précision. Dans le cadre de la convention collective du notariat, les indemnités de licenciement ou de départ à la retraite obéissent à des règles de calcul spécifiques qui prennent en compte l'ancienneté acquise au sein de la profession, et non seulement au sein de l'étude. L'assistance d'un expert-comptable permet de sécuriser ces procédures complexes et de minimiser les risques de contentieux ultérieurs.
Sources
Assurez-vous de respecter l'ensemble de vos obligations déclaratives et comptables grâce à cette liste de contrôle exhaustive dédiée aux notaires.
Checklist de conformité fiscale pour votre étude notariale
- ✓Rapprochement annuel entre la comptabilité-tiers et le solde du compte CDC effectué et documenté.
- ✓Balance des comptes clients individuelle et globale correctement tenue et justifiée.
- ✓Déclaration 2035 (BNC) ou liasse 2065 (IS) déposée dans les délais légaux.
- ✓TVA sur les émoluments et honoraires correctement calculée et déclarée (déclaration CA3 ou CA12).
- ✓Cotisations sociales personnelles (CRPCEN) calculées sur la bonne assiette et payées.
- ✓Vérification des charges déductibles de l'office (frais de personnel, loyers, fournitures...).
- ✓Archivage des pièces comptables (factures, relevés) conforme aux délais légaux de conservation.
- ✓Analyse de l'opportunité d'un passage en SEL si vous êtes en exercice individuel.
Chaque étude notariale a des besoins spécifiques. Nos honoraires sont adaptés à la taille de votre office, au volume d'actes et à l'étendue de notre mission (tenue complète, supervision, gestion sociale, conseil fiscal). Obtenez une proposition détaillée et transparente.
Nos honoraires pour l'accompagnement des notaires
Essential
- ✓Tenue comptable mensuelle
- ✓Déclarations TVA trimestrielles
- ✓Liasse fiscale annuelle (BIC/BNC)
- ✓Bilan annuel et compte de résultat
- ✓Accès tableau de bord en ligne
- ✓Réponses par email sous 48h
- ✓1 RDV cadrage annuel avec l'EC
Pro
- ✓Tout Essential, plus :
- ✓Gestion paie jusqu'à 10 salariés (multi-conventions)
- ✓Déclarations TVA mensuelles
- ✓Conseil fiscal trimestriel avec un expert OEC
- ✓Optimisation rémunération dirigeant (IS/IR)
- ✓Accompagnement DSN et URSSAF
- ✓Réponses prioritaires sous 24h (chat + tel)
- ✓Tableau de bord mensuel commenté
- ✓1 audit fiscal annuel inclus
Premium
- ✓Tout Pro, plus :
- ✓Direction financière externalisée (5h/mois inclus)
- ✓Tableau de bord hebdomadaire personnalisé
- ✓Conseil M&A, BSPCE, AGA, levée de fonds
- ✓Optimisation CIR / CICE / JEI
- ✓Audit RGPD et anti-blanchiment LCB-FT inclus
- ✓Accompagnement contrôle fiscal (forfait inclus)
- ✓EC dédié + interlocuteur unique
- ✓Réponse sous 4h ouvrées
Simulateur : Optimisation de votre statut juridique (Individuel vs. SELARL)
Estimez l'impact fiscal et social d'un passage en Société d'Exercice Libéral. Ce simulateur vous donne une première approche des prélèvements obligatoires selon la structure choisie.
| Statut | Net avant IR | Prélèvements | À savoir |
|---|---|---|---|
| Micro-entrepriseOptimal | 51 120 € | 20 880 € | Cotisations 26.1 % du CA — frais réels non déductibles, abattement IR 34 % |
| EI au réel (IR) | 49 655 € | 22 345 € | Cotisations TNS ≈ 45 % du net — frais réels déductibles, imposé à l'IR |
| SASU à l'IS (100 % dividendes) | 40 775 € | 31 225 € | IS 15/25 % puis flat tax 30 % — pas de cotisations retraite sans salaire |
Comparaison indicative avant impôt sur le revenu personnel, hors protection sociale (retraite, prévoyance), plafonds micro, ACRE et stratégies mixtes salaire/dividendes. Le « meilleur » statut dépend aussi de votre couverture sociale cible — pas seulement du net.
Questions fréquentes sur la comptabilité des notaires
Quelle est la principale spécificité de la comptabilité d'un notaire ?+
Un notaire peut-il être en régime micro-BNC ?+
Comment sont contrôlés les comptes d'une étude notariale ?+
Qu'est-ce que la CRPCEN ?+
Pourquoi un notaire choisirait-il de passer en SELARL ?+
La TVA s'applique-t-elle aux actes notariés ?+
Expertises à comparer pour les notaires
Comptabilité générale
Tenue comptable complète, révision des comptes et établissement des états financiers conformes aux normes françaises.
Conseil fiscal
Optimisation fiscale, déclarations d'impôts, TVA et accompagnement lors de contrôles fiscaux.
Gestion sociale
Bulletins de paie, déclarations sociales, contrats de travail et conseil en droit social.
Création d'entreprise
Accompagnement dans le choix du statut juridique, rédaction des statuts et formalités de création.
Conseil en gestion
Tableaux de bord, prévisionnel financier, analyse de rentabilité et pilotage de votre activité.
Audit & commissariat
Missions d'audit légal et contractuel, commissariat aux comptes et attestations.