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Expert-Comptable pour Associations Sportives

Numeris Expertise assure la gestion comptable, fiscale et sociale de votre association sportive. Sécurisez votre statut non-lucratif et vos financements.

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📅Mis à jour le 11 juin 20263 min de lectureRelu par l'équipe éditoriale

Expert-Comptable pour Associations Sportives

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Comparatif des modes de gestion pour votre association

Le choix entre une gestion entièrement interne et le recours à un professionnel a des implications directes sur la sécurité et le développement de votre association. Voici une comparaison des deux approches.

Les Obligations Comptables Spécifiques au Secteur Associatif Sportif

Contrairement à une idée reçue, la plupart des associations sportives sont soumises à des obligations comptables précises, qui vont au-delà d'un simple suivi des recettes et des dépenses. La France compte environ 160 000 associations sportives, et leur poids économique impose une gestion rigoureuse. La nature et l'étendue de ces obligations dépendent de plusieurs facteurs : la taille de l'association, son financement (notamment la part de subventions publiques) et l'exercice d'activités lucratives. Le cadre légal et réglementaire s'est considérablement durci ces dernières années, exigeant des dirigeants bénévoles une professionnalisation accrue de leurs pratiques financières.

Le Plan Comptable Associatif et ses spécificités

Le règlement de l'Autorité des Normes Comptables (ANC) impose l'utilisation d'un plan de comptes adapté. Il s'agit du Plan Comptable des associations et fondations, qui reprend la structure du plan comptable général en l'adaptant aux spécificités du secteur non-lucratif. Il prévoit notamment des comptes spécifiques pour enregistrer les subventions, les dons, les cotisations ou encore les contributions volontaires en nature (valorisation du bénévolat). La tenue d'une comptabilité d'engagement (enregistrement des créances et des dettes) est souvent requise, notamment pour les associations recevant plus de 153 000 € de subventions publiques annuelles ou de dons ouvrant droit à réduction d'impôt. Cette approche donne une image beaucoup plus fidèle de la situation financière du club que la simple comptabilité de trésorerie. Elle permet d'anticiper les flux de trésorerie, de provisionner les charges à venir et de présenter des bilans et comptes de résultat conformes aux attentes des partenaires institutionnels.

L'importance de la comptabilité analytique

Pour les clubs sportifs de taille moyenne à importante, la mise en place d'une comptabilité analytique devient rapidement indispensable. Elle permet de ventiler les charges et les produits par section sportive (football, basketball, tennis, etc.), par type d'activité (école de sport, compétition, loisir) ou par événement (tournoi annuel, gala). Cette granularité de l'information financière est cruciale pour évaluer la rentabilité de chaque pôle, justifier l'utilisation des subventions affectées à des projets précis et prendre des décisions stratégiques éclairées. Par exemple, si une section génère un déficit structurel, la comptabilité analytique permettra d'en identifier les causes (coût des déplacements, rémunération des entraîneurs, baisse des cotisations) et de mettre en place des actions correctives.

La valorisation du bénévolat

Une particularité forte de la comptabilité associative réside dans la possibilité, et parfois l'obligation, de valoriser les contributions volontaires en nature, c'est-à-dire le temps passé par les bénévoles, les mises à disposition gratuites de locaux ou de matériel. Bien que ces éléments ne génèrent pas de flux financiers réels, leur inscription en comptabilité (au pied du compte de résultat) permet de refléter le véritable poids économique de l'association et l'engagement de ses membres. C'est un argument de poids lors des demandes de subventions, car cela démontre la capacité de l'association à mobiliser des ressources non financières importantes pour mener à bien ses missions.

L'approbation des comptes et la transparence financière

L'approbation des comptes annuels est un moment fort de la vie démocratique de l'association sportive. Lors de l'assemblée générale ordinaire, le trésorier présente le bilan, le compte de résultat et l'annexe comptable aux adhérents. Cette présentation doit être claire, pédagogique et transparente, afin de permettre à chaque membre de comprendre la situation financière du club et l'utilisation qui a été faite de ses cotisations. Pour les associations dépassant certains seuils (notamment celles recevant plus de 153 000 euros de subventions publiques ou de dons), la nomination d'un commissaire aux comptes est obligatoire. Ce professionnel indépendant a pour mission de certifier que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'association. Son rapport est une garantie de fiabilité indispensable pour les financeurs publics et privés, et renforce considérablement la crédibilité de l'association lors de ses demandes de subventions ou de partenariats.

Fiscalité des Associations Sportives : Sécuriser l'Exonération des Impôts Commerciaux

Le principal enjeu fiscal pour une association sportive est le maintien de son caractère non-lucratif, conditionnant son exonération des impôts commerciaux : Impôt sur les Sociétés (IS), Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) et Contribution Économique Territoriale (CET). Cette exonération n'est pas automatique et dépend d'un examen strict de la gestion de l'association par l'administration fiscale. Les contrôles sont fréquents, notamment pour les clubs générant des recettes annexes importantes.

La règle des "3 conditions" et la gestion désintéressée

Pour être considérée comme non-lucrative, l'association doit prouver que sa gestion est désintéressée. Cela signifie que les dirigeants ne doivent percevoir aucune part des bénéfices et que leur rémunération, si elle existe, doit être strictement encadrée par la loi (dans la limite des trois quarts du SMIC sous certaines conditions, ou selon un barème lié aux ressources de l'association). Ensuite, l'activité principale ne doit pas concurrencer le secteur commercial. L'administration fiscale analyse cette condition à l'aide de la règle des "4 P" (Produit, Public, Prix, Publicité). Si l'association propose les mêmes services, au même public, à des tarifs similaires et avec les mêmes méthodes de promotion qu'une entreprise commerciale (comme une salle de sport privée), elle risque la requalification fiscale. « La frontière entre gestion désintéressée et activité lucrative est souvent ténue pour les associations sportives, notamment avec les revenus de sponsoring, l'organisation de stages payants ou la tenue d'une buvette. Une erreur d'analyse peut entraîner la perte de toutes les exonérations fiscales et mettre en péril la survie même du club », prévient Hélène Marchand, experte-comptable spécialisée dans le secteur associatif.

La sectorisation des activités lucratives

Lorsqu'une association exerce des activités lucratives de manière accessoire (buvette permanente, vente de matériel sportif, sponsoring important, organisation de lotos ou de soirées dansantes), elle doit les isoler dans un secteur comptable distinct. Si les recettes de ces activités lucratives accessoires ne dépassent pas un certain seuil annuel (78 596 € en 2024), l'association peut bénéficier d'une franchise des impôts commerciaux. Au-delà de ce seuil, elle devra soumettre ces recettes spécifiques à l'IS, à la TVA et à la CET, sans pour autant que cela ne remette en cause le caractère non-lucratif de ses activités principales (la pratique sportive). La mise en place d'une comptabilité analytique rigoureuse est alors indispensable pour ventiler correctement les charges communes (loyer, électricité, frais administratifs) et les produits entre le secteur non-lucratif et le secteur lucratif.

La gestion de la TVA dans le milieu sportif

La question de la TVA est particulièrement complexe pour les associations sportives. En principe, les recettes liées à la pratique sportive (cotisations, licences) sont exonérées de TVA. Cependant, certaines recettes accessoires peuvent y être assujetties (ventes de produits dérivés, droits d'entrée à des spectacles sportifs, prestations de publicité pour des sponsors). L'association doit alors gérer des droits à déduction partiels, en calculant un coefficient de déduction ou un coefficient de taxation forfaitaire. Cette gymnastique fiscale requiert une expertise pointue pour éviter les redressements en cas de contrôle de l'administration fiscale. De plus, l'assujettissement à la TVA, même partiel, impose des obligations déclaratives mensuelles ou trimestrielles lourdes pour les dirigeants bénévoles.

Les impôts locaux et la taxe sur les salaires

Outre les impôts commerciaux classiques, les associations sportives employeuses doivent être particulièrement attentives à la taxe sur les salaires. En effet, si l'association n'est pas assujettie à la TVA sur au moins 90 % de son chiffre d'affaires, elle est redevable de la taxe sur les salaires sur les rémunérations versées à son personnel. Le calcul de cette taxe, qui comporte plusieurs tranches et abattements spécifiques au secteur associatif, est complexe et nécessite une veille réglementaire constante. Par ailleurs, concernant les impôts locaux, les associations sportives peuvent, sous certaines conditions strictes liées à leur caractère non-lucratif et à l'utilisation de leurs locaux, bénéficier d'exonérations de la taxe foncière sur les propriétés bâties ou de la taxe d'habitation. Il est crucial de vérifier l'éligibilité du club à ces dispositifs dérogatoires et de formuler les demandes d'exonération dans les délais impartis auprès des services fiscaux locaux, afin d'optimiser la charge fiscale globale de la structure.

Gestion des Dons, Mécénat et Subventions : Les Bonnes Pratiques

Les ressources financières d'une association sportive sont souvent diversifiées, mêlant fonds propres (cotisations des adhérents, licences), financements privés (dons de particuliers, mécénat d'entreprise, sponsoring) et financements publics (subventions de l'État, des régions, des départements, des communes ou de l'Agence Nationale du Sport). Une gestion rigoureuse et transparente de chaque flux financier est impérative pour garantir la pérennité du club et maintenir la confiance des partenaires.

Dons et Mécénat : l'émission des reçus fiscaux et le rescrit fiscal

Lorsqu'une association sportive est reconnue d'intérêt général, elle peut recevoir des dons de particuliers ou d'entreprises et émettre en contrepartie un reçu fiscal (imprimé CERFA n°11580). Ce document permet au donateur de bénéficier d'une réduction d'impôt significative (66% pour les particuliers, 60% pour les entreprises). L'émission de ces reçus engage la responsabilité pénale et fiscale des dirigeants de l'association. Il est fondamental de s'assurer que le don est réalisé sans contrepartie directe ou indirecte pour le donateur. Un sponsoring, qui implique une action de communication visible pour l'entreprise (logo sur les maillots, affichage autour du terrain), n'est pas un don et ne peut en aucun cas donner lieu à un reçu fiscal. Il s'agit d'une prestation de services assujettie à la TVA et potentiellement à l'IS. Pour sécuriser l'émission des reçus fiscaux, il est vivement recommandé de recourir à la procédure du rescrit fiscal. Cette démarche consiste à interroger formellement l'administration fiscale sur l'éligibilité de l'association au régime du mécénat. Une réponse positive de l'administration protège l'association contre tout redressement ultérieur sur ce point.

Le suivi rigoureux des subventions publiques

Les subventions d'exploitation ou d'investissement accordées par les collectivités territoriales ou l'État sont soumises à un contrôle strict de l'utilisation des deniers publics. L'association doit utiliser les fonds exclusivement conformément à l'objet pour lequel ils ont été alloués (par exemple, l'achat de matériel pédagogique, le financement d'un emploi d'éducateur sportif, l'organisation d'un tournoi spécifique). Une comptabilité analytique est souvent exigée pour tracer l'emploi exact de ces fonds. À l'issue de l'exercice ou de l'action financée, l'association doit produire un compte-rendu financier (souvent via le formulaire CERFA n°15059) attestant de la bonne utilisation de la subvention. De plus, la signature d'un Contrat d'Engagement Républicain est désormais obligatoire pour toute association sollicitant une subvention publique ou un agrément de l'État. Le non-respect de ces engagements (respect des principes de liberté, d'égalité, de fraternité, laïcité) peut entraîner une demande de remboursement intégral des sommes versées.

La recherche de nouveaux financements

Face à la baisse tendancielle des subventions publiques, les associations sportives doivent innover pour diversifier leurs sources de revenus. Le financement participatif (crowdfunding) est devenu un outil populaire pour financer des projets spécifiques (déplacement d'une équipe à un championnat national, achat d'un minibus). L'organisation d'événements (tournois, lotos, soirées de gala) reste également une source de revenus importante, mais nécessite une gestion logistique et comptable rigoureuse pour s'assurer de leur rentabilité et du respect des seuils de franchise fiscale. L'expert-comptable joue un rôle de conseiller stratégique dans cette diversification, en aidant les dirigeants à évaluer la faisabilité financière des projets et à structurer juridiquement et fiscalement les nouvelles activités.

Le mécénat de compétences et les dons en nature

Au-delà des dons financiers classiques, les associations sportives peuvent bénéficier du mécénat de compétences ou de dons en nature de la part d'entreprises partenaires. Le mécénat de compétences consiste pour une entreprise à mettre à disposition de l'association, sur le temps de travail, un ou plusieurs de ses salariés pour réaliser une mission spécifique (par exemple, un expert-comptable pour aider à la structuration financière, un informaticien pour créer le site web du club, ou un artisan pour rénover le clubhouse). Les dons en nature concernent la remise gratuite de biens (équipements sportifs, matériel informatique, denrées alimentaires pour une buvette). Ces formes de mécénat ouvrent également droit à une réduction d'impôt pour l'entreprise donatrice, à condition que la valeur du don soit rigoureusement évaluée. Pour le mécénat de compétences, la valorisation se fait sur la base du coût de revient du salarié mis à disposition (salaire brut chargé). Pour les dons en nature, c'est la valeur vénale du bien qui est retenue. L'association doit émettre un reçu fiscal correspondant à cette valorisation précise, ce qui implique une traçabilité comptable irréprochable de ces apports non financiers.

La gestion sociale et la paie dans les associations sportives

La professionnalisation du secteur sportif associatif s'accompagne d'une augmentation significative du nombre de salariés au sein des clubs (éducateurs sportifs, entraîneurs, personnel administratif, agents d'entretien). La gestion sociale d'une association employeuse est particulièrement complexe et expose les dirigeants bénévoles à des risques prud'homaux et financiers importants en cas de non-conformité.

L'application de la Convention Collective Nationale du Sport (CCNS)

La grande majorité des associations sportives employant du personnel relève de la Convention Collective Nationale du Sport (CCNS). Ce texte réglementaire dense et régulièrement mis à jour régit les relations de travail au sein du club. Il impose des grilles de classification spécifiques pour les emplois sportifs et administratifs, des minima salariaux, des règles particulières concernant le temps de travail (notamment la gestion des coupures, le travail le week-end et les jours fériés, fréquents dans le milieu sportif), ainsi que des dispositions relatives à la formation professionnelle continue. L'application correcte de la CCNS est un défi majeur pour les dirigeants bénévoles, qui manquent souvent de l'expertise juridique nécessaire. Une erreur dans la classification d'un entraîneur ou dans le calcul de ses heures supplémentaires peut entraîner des rappels de salaires coûteux et des litiges devant le Conseil de prud'hommes.

La gestion des contrats de travail spécifiques au sport

Le secteur sportif utilise fréquemment des contrats de travail atypiques pour répondre à ses besoins spécifiques. Le Contrat à Durée Déterminée d'Usage (CDDU) est souvent utilisé pour l'embauche d'entraîneurs ou de sportifs professionnels, mais son recours est strictement encadré par la loi et la jurisprudence. Il ne peut être utilisé que pour des emplois par nature temporaires et ne doit pas pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'association. Le recours abusif au CDDU expose l'association à une requalification en Contrat à Durée Indéterminée (CDI). Par ailleurs, le dispositif du Chèque Emploi Associatif (CEA) permet de simplifier les formalités d'embauche et de paie pour les petites associations (moins de 20 salariés équivalent temps plein), mais il ne dispense pas du respect des règles du droit du travail et de la convention collective applicable.

Le traitement social des avantages en nature et des frais professionnels

Dans le milieu sportif, il est courant que les salariés bénéficient d'avantages en nature (mise à disposition d'un véhicule, d'un logement, fourniture de repas ou d'équipements sportifs). Ces avantages doivent être rigoureusement évalués et intégrés dans l'assiette des cotisations sociales, sous peine de redressement par l'URSSAF. De même, le remboursement des frais professionnels (frais de déplacement pour se rendre sur les lieux de compétition, frais d'hébergement) obéit à des règles strictes. Les indemnités kilométriques versées aux salariés ou aux bénévoles doivent correspondre à des déplacements réels et justifiés, et respecter le barème fiscal en vigueur. L'URSSAF est particulièrement vigilante sur ces points lors de ses contrôles dans le secteur associatif, traquant les rémunérations déguisées sous forme de remboursements de frais forfaitaires non justifiés. L'accompagnement par un expert-comptable permet de sécuriser l'ensemble de ces pratiques sociales, d'établir des bulletins de paie justes et de garantir la conformité des déclarations sociales nominatives (DSN).

La gestion des bénévoles et les risques de requalification

Le bénévolat est le moteur indispensable de toute association sportive. Cependant, la frontière entre l'engagement bénévole et le travail salarié peut parfois s'estomper, exposant le club à un risque majeur de requalification en contrat de travail par l'URSSAF ou le juge prud'homal. Pour qu'une personne soit considérée comme bénévole, elle doit participer à l'animation et au fonctionnement de l'association sans aucune contrepartie financière ni lien de subordination juridique. Le versement de sommes forfaitaires régulières, même de faible montant, ou l'imposition d'horaires stricts et de directives précises sous peine de sanctions, sont des indices forts d'un salariat déguisé. L'URSSAF traque particulièrement les fausses indemnités kilométriques ou les primes de match versées aux joueurs amateurs sous couvert de défraiements. Pour se prémunir contre ce risque de redressement, qui peut s'avérer fatal pour les finances du club, les dirigeants doivent veiller à ce que les remboursements de frais soient effectués exclusivement sur présentation de justificatifs réels (billets de train, factures de péage, notes de restaurant) et s'abstenir de toute forme de rémunération occulte des bénévoles ou des sportifs amateurs.

La transformation d'une association sportive en société commerciale

Lorsqu'un club sportif amateur atteint un certain niveau de compétition et génère des revenus importants (droits télévisuels, billetterie massive, sponsoring d'envergure), le cadre juridique de l'association loi 1901 peut devenir inadapté, voire illégal. Le Code du sport impose en effet la constitution d'une société commerciale sportive dès lors que certains seuils financiers sont franchis.

Les seuils de passage en société commerciale

L'article L. 122-1 du Code du sport stipule que toute association sportive affiliée à une fédération sportive, qui participe habituellement à l'organisation de manifestations sportives payantes procurant des recettes supérieures à 1,2 million d'euros, ou qui emploie des sportifs dont le montant total des rémunérations excède 800 000 euros, doit constituer une société commerciale pour la gestion de ces activités. Le franchissement de l'un de ces deux seuils rend la transformation obligatoire. L'objectif du législateur est de soumettre ces structures, devenues de véritables entreprises de spectacle sportif, aux règles de transparence financière, de contrôle et de fiscalité applicables aux sociétés commerciales classiques, tout en protégeant l'association support des risques financiers liés au sport professionnel.

Les différentes formes juridiques de sociétés sportives

Le Code du sport propose plusieurs formes juridiques spécifiques pour la constitution de cette société commerciale, chacune répondant à des logiques de gouvernance et de financement différentes. La Société Anonyme à Objet Sportif (SAOS) garantit le maintien du contrôle par l'association support, qui doit détenir au moins un tiers du capital et des droits de vote, et interdit la distribution de dividendes aux actionnaires. L'Entreprise Unipersonnelle Sportive à Responsabilité Limitée (EUSRL) est une variante de la SARL dont l'association est l'associé unique. Enfin, la Société Anonyme Sportive Professionnelle (SASP) est la forme la plus aboutie pour les clubs professionnels cherchant à attirer des investisseurs privés. Elle permet la distribution de dividendes et la rémunération des dirigeants, et l'association support n'est pas tenue de détenir une part minimale du capital. Le choix de la structure adéquate nécessite une analyse approfondie des objectifs du club, de ses besoins de financement et de la volonté de ses dirigeants de conserver ou non le contrôle absolu sur le secteur professionnel.

Les relations entre l'association support et la société sportive

La création d'une société commerciale sportive ne fait pas disparaître l'association loi 1901 initiale. Celle-ci conserve généralement la gestion du secteur amateur, de l'école de sport et des équipes de jeunes. Les relations entre l'association support et la nouvelle société commerciale doivent être obligatoirement formalisées par une convention approuvée par les instances dirigeantes des deux entités et par la fédération sportive concernée. Cette convention définit notamment les modalités d'utilisation des installations sportives, la répartition des subventions publiques, l'utilisation du numéro d'affiliation à la fédération, ainsi que les conditions d'utilisation de la dénomination, de la marque et des couleurs du club. La rédaction de cette convention est une étape délicate qui requiert l'expertise conjointe d'avocats spécialisés en droit du sport et d'experts-comptables pour garantir l'équilibre financier et juridique entre les deux structures.

Les conséquences fiscales et comptables de la transformation

La transformation d'une association en société commerciale sportive emporte des conséquences fiscales et comptables majeures. La nouvelle entité (SAOS, SASP ou EUSRL) est de plein droit soumise aux impôts commerciaux (Impôt sur les Sociétés, TVA, Contribution Économique Territoriale) sur l'ensemble de ses activités, sans possibilité de bénéficier des franchises applicables au secteur associatif. Sur le plan comptable, la société doit tenir une comptabilité commerciale stricte, établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) selon les règles du Plan Comptable Général des entreprises, et procéder à leur dépôt au greffe du tribunal de commerce. De plus, les sociétés sportives professionnelles sont soumises au contrôle rigoureux de la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) de leur fédération ou ligue professionnelle. Cet organe de contrôle financier exige la production régulière de budgets prévisionnels détaillés, de situations comptables intermédiaires et de garanties financières solides pour autoriser l'engagement du club dans les championnats professionnels. L'accompagnement par un cabinet d'expertise comptable spécialisé dans le sport professionnel devient alors une nécessité absolue pour répondre à ces exigences de reporting financier de haut niveau.

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Questions fréquentes sur la comptabilité des associations sportives

Une association sportive est-elle obligée d'avoir un expert-comptable ?+
Ce n'est pas toujours obligatoire, mais fortement recommandé pour sécuriser la gestion fiscale et financière, surtout si l'association reçoit des subventions ou a des salariés.
Quelles sont les obligations comptables d'une association sportive ?+
Elles varient selon sa taille et ses financements. Au minimum, un suivi des recettes/dépenses est requis. Souvent, une comptabilité d'engagement et des comptes annuels sont nécessaires.
Comment une association sportive peut-elle gérer la TVA ?+
En principe, elle est exonérée de TVA pour ses activités non-lucratives. Si elle a des recettes lucratives dépassant un certain seuil, elle doit les soumettre à la TVA.
Qu'est-ce que le Plan Comptable Associatif ?+
C'est une adaptation du plan comptable général aux spécificités des associations (dons, subventions, bénévolat), rendue obligatoire par l'Autorité des Normes Comptables.
Un club de sport peut-il rémunérer son président ?+
Oui, sous conditions strictes. La rémunération ne doit pas excéder les trois quarts du SMIC pour ne pas remettre en cause le caractère désintéressé de la gestion.
Comment justifier l'utilisation d'une subvention publique ?+
En fournissant un compte-rendu financier qui atteste de la conformité des dépenses réalisées avec l'objet de la subvention, souvent via le formulaire CERFA n°15059.
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